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#414 Un casse-tête : L’immunothérapie orale améliore-t-elle les issues pour les personnes allergiques aux arachides?


CLINICAL QUESTION
QUESTION CLINIQUE
Chez les enfants allergiques aux arachides, l’immunothérapie orale accroît-elle la tolérance à cette légumineuse? Quels sont les effets indésirables?


BOTTOM LINE
RÉSULTAT FINAL
Chez les enfants allergiques aux arachides, l’immunothérapie orale accroît la tolérance en cas d’exposition accidentelle à cette légumineuse par rapport au placebo ou à l’évitement. Environ 60 à 70 % des enfants parviennent à se désensibiliser, par rapport à moins de 10 % de ceux du groupe témoin, sur une période d’un à trois ans. Bien que les issues à long terme soient inconnues, environ 20 % des enfants continuent de tolérer une exposition accidentelle aux arachides 26 semaines après l’arrêt du traitement. Les effets indésirables gastro-intestinaux surviennent chez 78 % des enfants par rapport à 38 % de ceux du groupe témoin, tandis qu’une administration d’adrénaline (toutes utilisations confondues) est nécessaire dans 12 % des cas par rapport à 3 % (groupe témoin).



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EVIDENCE
DONNÉES PROBANTES
  • Les résultats sont statistiquement significatifs, sauf indication contraire.
  • Revue systématique d’essais cliniques randomisés (ECR) comparant l’immunothérapie orale aux arachides à un placebo ou à l’évitement (13 ECR, 1 315 personnes participantes, âgées d’environ 9 ans)1. La dose de protéine d’arachide est augmentée progressivement toutes les deux semaines environ jusqu’à l’atteinte de la dose d’entretien (doses rapportées : 300 à 4 000 mg; six ECR : ~ 300 mg/jour).
    • Désensibilisation (test de provocation alimentaire) à 24 à 160 semaines :
      • 69 % par rapport à 7 % (groupe témoin).
  • Deux des plus vastes ECR réalisés auprès d’enfants (de 126 à 499 enfants, âgés de 12 mois à 17 ans, de 52 à 134 semaines)2,3 :
    • Désensibilisation jusqu’à 600 mg ou 5 000 mg : 67 à 71 % par rapport à 2 à 4 % (placebo).
    • Adrénaline de secours durant le test de provocation alimentaire : 10 à 39 % par rapport à 53 à 62 % (placebo).
    • Rémission (tolérance aux arachides après 26 semaines sans traitement) (1 ECR, 146 enfants) : 21 % par rapport à 2 %.
  • D’autres revues systématiques ont fait les mêmes constatations4,5.
  • Revue systématique d’ECR sur l’innocuité6 :
    • Événements indésirables gastro-intestinaux : 78 % par rapport à 38 % (groupe témoin).
    • Adrénaline, toutes utilisations confondues : 12 % par rapport à 3 % (groupe témoin).
    • Aucune différence statistique pour ce qui est de la respiration sifflante : 27 % par rapport à 7 % (groupe témoin), possibilité de puissance insuffisante.
  • Limites : Différences au niveau des doses, des schémas d’augmentation progressive de la posologie et des définitions de la désensibilisation et de la rémission; essais ouverts et suivi à long terme limité après l’arrêt du traitement.

CONTEXT
CONTEXTE
  • Les augmentations progressives initiales de la dose ont été effectuées sous surveillance médicale. La posologie d’entretien a été administrée à domicile, les familles ayant reçu de l’adrénaline sur ordonnance à utiliser en cas d’urgence.
  • Un seuil de tolérance de 300 mg correspond davantage à une protection contre les expositions accidentelles qu’à la possibilité de consommer librement des aliments contenant des arachides7.
  • L’immunothérapie orale diffère de l’introduction précoce de l’arachide, qui est de nature préventive plutôt que thérapeutique :
    • L’introduction précoce de l’arachide (entre trois à dix mois) est associée à un plus faible risque d’allergie aux arachides (1,4 % par rapport à 4,9 % [groupe témoin])8.
  • L’immunothérapie orale nécessite généralement une prise quotidienne, une observance à long terme et l’accès à des spécialistes.


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Author(s)
Auteur(s)
  • Danielle Perry RN MSc
  • Caitlin Finley M.D. CCMF
  • Danielle Perry inf. aut. M. Sc

1. Riggioni C, Oton T, Carmona L et al. Allergy. 2024;79(8):2097-2127.

2. Vickery BP, Vereda A, Casale TB et al. N Engl J Med. 2018;379(21): 1991-2001.

3. Jones SM, Kim EH, Nadeau KC et al. Lancet. 2022;399(10322): 359-371.

4. Lodge CJ, Waidyatillake N, Peters RL et al. Clin Transl Allergy. 2023;13(7): e12268.

5. De Silva D, Rodriguez Del Rio P, de Jong NW et al. Allergy. 2022;77(6): 1852-1862.

6. Khan NA, Sethi FA, Shaheer M et al. Int Arch Allergy Immunol. 2025;12: 1-14.

7. Remington BC, Krone T, Koppelman SJ. Pediatr Allergy Immunol. 2018;29(7): 762-772.

8. Scarpone R, Kimkool P, Ierodiakonou D et al. JAMA Pediatr. 2023;177(5): 489-497.

Les autrices n’ont aucun conflit d’intérêts à déclarer.