Tools for Practice


#137 Les benzodiazépines pour le trouble d’anxiété généralisée : se calmer les nerfs?


CLINICAL QUESTION
Les benzodiazépines sont-elles efficaces pour traiter le trouble d’anxiété généralisée (TAG)?


BOTTOM LINE
Pour traiter le TAGles benzodiazépines sont plus efficaces que le placebo et donnent des résultats semblables à ceux des antidépresseurs. Elles causent plus d’interruptions dues aux effets indésirables que le placebo, mais moins que les antidépresseursElles sont recommandées en deuxième ligne généralement en raison de préoccupations liées à la dépendance. La qualité des données probantes est généralement faible, les essais sont de courte durée et aucun n’a utilisé les benzodiazépines comme traitement auxiliaire. 



CFPCLearn Logo

Reading Tools for Practice Article can earn you MainPro+ Credits

Join Now

Already a CFPCLearn Member? Log in



EVIDENCE
  • Comparativement au placebo: 
    • Revue systématique (23 essais cliniques randomisés [ECR], 2 326 patients) portant sur le diazépam, le lorazépam et l’alprazolam1: 
      • Moins d’interruptions pour manque d’efficacité avec les benzodiazépines: RR=0,29 (0,18-0,45). 
        • Nombre de sujets à traiter=7 sur quatre à six semaines2,3. 
      • Plus d’interruptions en raison des effets indésirables: RR=1,54 (1,17-2,03). 
    • D’autres revues systématiques ont trouvé les benzodiazépines plus efficaces que le placebo4,5. 
  • Comparativement aux antidépresseurs tricycliques: 
    • Une revue systématique (trois ECR, 617 sujets)6: 
      • Deux ECR ont trouvé que les antidépresseurs tricycliques sont mieux pour les symptômes psychiatriques, et un ECR a trouvé que les benzodiazépines sont mieux pour les symptômes somatiques (un autre n’a constaté aucune différence pour les symptômes somatiques).   
        • Un autre ECR n’a constaté aucune différence quant à l’efficacité 
      • Deux ECR ont constaté que les benzodiazépines comportent moins d’effets indésirables (un essai n’a constaté aucune différence).  
  • Comparativement à la paroxétine ou à la venlafaxine:   
    • Une revue systématique (deux ECR, 709 sujets)6: Aucune différence quant à l’efficacité. 
      • Effets indésirablesLe taux d’abandons dus aux effets indésirables était plus élevé pour la venlafaxine que pour le diazépam (de 9% à 13% par rapport à 2%, nombre nécessaire pour obtenir un effetnocif=9-14 sur huit semaines)7Les effets indésirables n’ont pas été signalés dans l’étude sur la paroxétine8 
  • Comme traitement auxiliaire des antidépresseurs : Aucun ECR n’a été trouvé. 
  Contexte 
  • De nombreuses études ont été dirigées par les fabricants, comportaient des échantillons de petite taille ou étaient de courte durée (souvent huit semaines ou moins)il n’y avait souvent aucune description des données sur la randomisation, sur les méthodes suivies pour assurer l’insu et sur la dissimulation de la randomisation; la plupart des études portaient sur des adultes d’âge moyen, limitant l’application à d’autres.  
  • Au lieu de titrer les doses pour obtenir l’effet désiré ou d’utiliser le médicament au besoin, de nombreuses études ont utilisé des doses fixes de benzodiazépines sur une grande plage de doses (p. ex. de 2 mg à 6 mg par jour en doses divisées)1-3,6. 
  • Les benzodiazépines peuvent avoir des effets sur la cognition, la performance et la dépendance4mais l’ampleur de ces effets n’est pas bien comprise. 
  • Les données probantes appuient l’utilisation des benzodiazépines comme traitement auxiliaire des troubles paniques au stade précoce9,10. 
  • Le délai d’action est plus rapide avec les benzodiazépines qu’avec les antidépresseurs8. 
  • Les lignes directrices suggèrent d’utiliser les benzodiazépines en deuxième ligne pour traiter le TAG11. 


This content is certified for MainPro+ Credits, log in to access


Author(s):

  • Adrienne J Lindblad BSP ACPR PharmD
  • Jennifer P Young BScHon MD CCFP-EM

1. Martin JLR, Sainz-Pardo M, Furukawa TA, et al. J Psychopharmacol. 2007; 21(7):774-82.

2. Ansseau M, Olié JP, von Frenckell R, et al. Psychopharmacol. 1991; 104:439-43.

3. Enkelmann R. Psychopharmacol. 1991; 105:428-32.

4. Gale CK, Millichamp J. BMJ Clin Evid. 2011 Oct 27; 2011.pii:1002.

5. Mitte K, Noack P, Steil P, et al. J Clin Psychopharmacol. 2005; 25:141-50.

6. Offidani E, Guidi J, Tomba E, et al. Psychother Psychosom. 2013; 82(6):355-62.

7. Hackett D, Haudiquet V, Salinas E. Eur Psychiatry. 2003; 18:182-7.

8. Feltner DE, Harness J, Brock J, et al. CNS Neurosci Ther. 2009 Winter; 15(1):12-8.

9. Pollack MH, Simon NM, Worthington JJ, et al. J Psychopharmacol. 2003; 17(3):276-82.

10. Katzelnick DJ, Saidi J, Vanelli MR, et al. Psychiatry (Edgmont). 2006; 3:39-49.

11. Katzman MA, Bleau P, Blier P, et al. BMC Psychiatry. 2014; 14(Suppl 1):S1-83.

Les auteures n’ont aucun conflit d’intérêts à divulguer.