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#153 Gingembre pour les nausées et les vomissements de la grossesse : une question nauséeuse


CLINICAL QUESTION
Le gingembre est-il une option viable pour traiter les nausées et les vomissements de la grossesse?


BOTTOM LINE
Au cours du premier trimestrele gingembre peut, au mieux, réduire les nausées et les vomissements d’environ quatre points sur une échelle de 40 points ou mettre fin aux vomissements chez une femme sur trois après six jours. L’étude de cohorte la plus importante sur l’innocuité ne suggère aucune augmentation des malformations fœtales ou des mortalités in utéro, quoique des études plus petites aient indiqué des tendances qui suggèrent le contraire. 



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EVIDENCE
  • Sept revues systématiques d’essais cliniques randomisés (ECR) ayant obtenu des résultats semblables1-7.   
    • Mettant l’accent sur la revue Cochrane, des résultats statistiquement significatifs ont été observés relativement à ce qui suit1:   
      • Au mieuxla différence moyenne sur une échelle de 40 points pour les nausées et les vomissements était de 4,19 par rapport au placebo après une semaine (un ECR, 70 femmes).   
      • Femmes qui vomissaient encore après six jour : 33,3(gingembrepar rapport à 80 % (placebo), nombre de sujets à traiter (NST)=3 (un ECR, 22 femmes). 
      • Les effets indésirables étaient rarement signalés, mais aucune différence n’a été constatée en ce qui concerne les avortements spontanés et les césariennes (un ECR, 67 femmes) ou les anomalies congénitales (un ECR, 120 femmes). 
      • Aucune différence n’a été constatée par rapport à la vitamine B6 (quatre ECR, 625 femmes), au métoclopramide (un ECR, 68 femmes) ou à la combinaison doxylamine-pyridoxine (un ECR63 femmes).   
      • Limites Courte durée, effets indésirables rarement signalésmesures incohérentes des résultatspuissance insuffisante des études2. 
    • Études de cohorte sur l’innocuité (surtout au premier et au deuxième trimestre): 
      • 68 522 femmes (1020 ont utilisé le gingembre): Aucune augmentation des malformations fœtales, des mortalités in utéro, des morts néonatales ou des naissances prématurées8.   
        • Augmentation significative des pertes vaginales et des saignements vaginaux après 17 semaines (7,8par rapport à 5,8%). Aucune augmentation significative des saignements plus abondants (pertes vaginales exclues) et aucune différence quant à l’hospitalisation pour cause de saignements.  
      • 375 femmes Aucune augmentation des malformations majeures, des mortalités in utéro ou des avortements spontanés. Les bébés de petite taille (moins de 2 500 g) étaient plus nombreux dans le groupe témoin (1,6par rapport à 6,4%)9.   
      • 441 femmes Aucune différence quant aux avortements spontanésmais tendance à la hausse (valeurs p d’environ 0,05) des mortalités in utéro (2,7par rapport à 0,3%et des malformations majeures (3,3par rapport à 0,7%)10 
        • Limites Petits nombres, courte exposition (moyenne de deux jours) et  vastes intervalles de confiance. 
  Contexte 
  • Selon les données probantes cliniques limitées, le gingembre est contre-indiqué pendant la période qui se rapproche de l’accouchement ou en cas d’antécédents de  fausses couchesde pertes vaginales ou de troubles de la coagulation causés par une hémorragie potentielle. Il existe également des préoccupations liées à la possibilité de liaison de la testostérone avec ses récepteurs8.  
  • La dose habituelle est d’environ 1 g/jour; elle est divisée et prise de deux à quatre fois par jour1  
  • Les données probantes sont incohérentes en ce qui concerne l’utilisation pour le mal des transports11,12, les nausées et les vomissements postopératoires13-16 et les nausées et les vomissements consécutifs à une chimiothérapie17,18.  


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Author(s):

  • Adrienne J Lindblad BSP ACPR PharmD
  • Sudha Koppula MD MCISc CCFP

1. Matthews A, Haas DM, O’Mathúna DP, et al. Cochrane Database Syst Rev. 2014; 3:CD007575.

2. Festin M. BMJ Clin Evid. 2014 Mar 19; 2014.

3. Thomson M, Corbin R, Leung L. J Am Board Fam Med. 2014; 27:115-22.

4. Ding M, Leach M, Bradley H. Women Birth. 2013; 26(1):e26-30.

5. Dante G, Pedrielli G, Annessi E, et al. J Matern Fetal Neonatal Med. 2013; 26(3):306-12.

6. ViljoenE, Visser J, Koen N, et al. Nutr J. 2014; 13:20.

7. Borelli F, Capasso R, Aviello G, et al. Obstet Gyencol. 2005; 105:849-56.

8. Heitmann K, Nordeng H, Holst L. Eur J Clin Pharmacol. 2013; 69:269-77.

9. Portnoi G, Chng LA, Karimi-Tabesh L, et al. Am J Obstet Gynecol. 2003; 189(5):1374-7.

10. Choi JS, Han JY, Ahn HK, et al. J Obstet Gynaecol. 2015; 35:125-30.

11. Grøntved A, Brask T, Kambskard J, et al. Acta Otolaryngol. 1988; 105(1-2):45-9.

12. Schmid R, Schick T, Steffen R, et al. J Travel Med. 1994 Dec 1; 1(4):203-6.

13. Carlisle J, Stevenson CA. Cochrane Database Syst Rev. 2006; 3:CD004125.

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17. Lee J, Oh H. Oncol Nurs Forum. 2013 Mar; 40(2):163-70.

18. Marx WM, Teleni L, McCarthy AL, et al. Nutr Rev. 2013; 71:245-54.

Les auteurs n’ont aucun conflit d’intérêts à divulguer.