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#172 Les médicaments pour la calvitie chez l’homme et chez la femme : à un cheveu de l’inefficacité?


CLINICAL QUESTION
Quel est l’effet des médicaments approuvés sur l’alopécie androgénétique chez les hommes et les femmes?


BOTTOM LINE
 Chez les hommes qui prennent du finastéride ou du minoxidil, un homme sur quatre à huit de plus que ceux qui prennent un placebo remarque au moins une légère augmentation du nombre de cheveux sur une période de 6 à 12 mois, mais aucune donnée probante n’atteste la supériorité d’un médicament sur l’autre. Sur 84 hommes qui sont traités au finastéride pour la perte de cheveux, un de plus souffrira de dysfonction érectile. Chez les femmes, seul le minoxidil fait augmenter le nombre de cheveux : une femme sur huit constate une amélioration moyenne par rapport au placebo. 



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EVIDENCE
Ces résultats sont statistiquement significatifs, à moins de mention contraire.
  • Chez les hommes : 
    • Finastéride : selon une revue systématique1 de 12 essais cliniques randomisés (ECR) menés auprès de 3 927 hommes ayant pris du finastéride (de 1 à 5 mg/jour), comparativement à un placebo :
      • 43 % ont noté au moins une légère augmentation du nombre de cheveux après 3 à 12 mois comparativement à 26 % de ceux qui ont pris un placebo; le nombre de sujets à traiter (NST) est de 6.
        • Après 24 à 60 mois, le NST est de 4.
      • Augmentation du nombre de cheveux aux plaques de calvitie. 
        • 9 % après 3 à 12 mois, 24 % après 48 mois.
      • Augmentation du nombre de cas de dysfonction érectile; le nombre nécessaire pour obtenir un effet nocif (NNN) est de 84. 
        • Aucune différence dans les autres effets indésirables sur les fonctions sexuelles.
      • Limites : biais de publication, rapports sélectifs (sous-déclaration des effets indésirables sur les fonctions sexuelles)3, pertes importantes à suivre (jusqu’à 30 %), différences cliniques importantes non définies.
      • Une revue systématique récente, de faible qualité, est arrivée aux mêmes conclusions2.
    • Minoxidil : selon une revue systématique4 de 11 ECR menés auprès de 1 666 hommes ayant pris du minoxidil en solution topique à 2 % (b.i.d.) comparativement à un placebo sur une période de 6 à 12 mois :
      • 62 % ont noté au moins une légère augmentation du nombre de cheveux contre 40 % de ceux qui ont reçu un placebo; le NST est de 5.
      • Augmentation de 16 % du nombre de cheveux. 
      • Une concentration plus élevée du médicament (comparativement à une concentration plus faible) a donné lieu, de façon irrégulière, à une légère augmentation (de 2 à 4 %) du nombre de cheveux5,6.
      • Effets indésirables : réactions fréquentes au site d’application (de 2 à 6 %), encore plus élevées à plus forte concentration5-7.
  • Le seul essai ayant comparé le finastéride et le minoxidil était de piètre qualité et non fiable8.
  • Chez les femmes : selon une revue systématique9 :
    • Finastéride, 1 mg (trois ECR menées auprès de 287 femmes) : aucune différence dans les résultats.
    • Minoxidil en solution de 1 à 5 % comparativement à un placebo : 
      • Amélioration moyenne ou élevée, de l’avis de la patiente (26 % contre 14 %, le NST est de 8).
      • Augmentation du nombre de cheveux (13 cheveux et plus/cm2) après 6 à 12 mois.
  Contexte :  
  • La prévalence de l’alopécie androgénétique augmente avec l’âge; environ la moitié des hommes et le tiers des femmes ont un début de calvitie après 70 ans10.
  • Les données probantes liées à de nombreuses autres interventions (dont les suppléments nutritifs ou le peigne Handi-Dome) sont de piètre qualité et les résultats, irréguliers9,11.
  • Seuls le minoxidil pour les femmes et les hommes, et le finastéride pour les hommes sont approuvés dans les directives12,13
 


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Author(s):

  • G. Michael Allan MD CCFP
  • Ricky D. Turgeon BSc(Pharm) ACPR PharmD

1. Mella JM, Perret MC, Manzotti M, et al. Arch Dermatol. 2010; 146:1141-50.

2. Gupta AK, Charrette A. J Dermatolog Treat. 2014; 25:156-61.

3. Belknap SM, Aslam I, Kiguradze T, et al. JAMA Dermatol. 2015; 151(6):600-6.

4. Gupta AK, Charrette A. SKINmed. 2015; 13:185-9.

5. Olsen EA, Dunlap FE, Funicella T, et al. J Am Acad Dermatol. 2002; 47:377-85.

6. Tsuboi R, Arano O, Nishikawa T, et al. J Dermatol. 2009; 36:437-46.

7. Olsen EA, Whiting D, Bergfeld W, et al. J Am Acad Dermatol. 2007; 57:767-74.

8. Arca E, Acikgoz G, Tastan HB, et al. Dermatology. 2004; 209:117-25.

9. van Zuuren EJ, Fedorowicz KZ, Schoones J. Cochrane Database Syst Rev. 2016; 5:CD007628.

10. Blume-Peytavi U, Blumeyer A, Tosti A, et al. Br J Dermatol. 2011; 164:5-15.

11. Blumeyer A, Tosti A, Messenger A, et al. J Dtsch Dermatol Ges. 2011; 9 Suppl 6:S1-57.

12. Tsuboi R, Itami S, Inui S, et al. J Dermatol. 2012; 39(2):113-20.

13. Blumeyer A, Tosti A, Messenger A, et al. J Dtsch Dermatol Ges. 2011 Oct; 9 Suppl 6:S1-57.

Les auteurs n’ont aucun conflit d’intérêts à divulguer.